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La Sophrologie ludique®

La Sophrologie ludique®

Rencontre avec les fondateurs de la sophrologie ludique : Claudia Sanchez et Ricardo Lopez.

Je suis sophrologue et j’utilise dans mes pratiques des techniques de sophrologie ludique avec des enfants ayant des troubles de l’apprentissage. Pour mieux comprendre ce que veut dire « faire de la Sophrologie ludique », je vous propose de rencontrer avec moi leurs deux fondateurs…
Claudia et Ricardo, ce sont les « enfants » de Caycedo, ces « petits jeunes » qui donnent un bel air de fraicheur et de gaîté dans les techniques sophrologiques…

Claudia Sanchez et Ricardo LopezClaudia Sanchez et Ricardo Lopez, fondateurs de la Sophrologie ludique®, la présentent ainsi :

La Sophrologie Ludique est définie en essence comme une pédagogie créative de la conscience qui a des applications dans la sophrologie sociale et les méthodes du développement personnel. Elle est basée sur les mêmes principes de la sophrologie caycedienne en y apportant une méthode pédagogique créative d’accès à la conscience. La Sophrologie Ludique est une invitation à vivre pleinement son corps et sa conscience à travers une dimension créative offerte par l’aspect ludique, une dimension profonde basée sur les gestes structurels, et le phénomène de rencontre avec les autres en tirant un grand avantage de la dynamique du groupe.

La Sophrologie devient plus accessible, adaptable et applicable dans la vie de tous les jours. Vous pratiquez depuis 30 ans déjà ? De la Colombie à la Suisse, comment est née la Sophrologie Ludique® ?

La Sophrologie Ludique a été créée en 1985 dans le cadre de la faculté de sophrologie sociale à Bogotá en Colombie (F.E.I.S. dirigée par le Pr. A. Caycedo, fondateur en 1960 de la Sophrologie). Durant notre formation en Colombie, nous avons mené des expériences auprès des enfants de la rue, dans les écoles, dans les usines, dans les institutions qui s’occupent de réadaptation des personnes en difficulté sociale et de santé, en appliquant les méthodes et les techniques de relaxation dynamique que le professeur A. Caycedo avait la volonté de transmettre dans le cadre de la sophrologie sociale et prophylactique. Dans ce contexte de formation, nous nous sommes adressés à une grande diversité des groupes : des enfants, des jeunes, des adultes, des personnes âgées, dans les écoles, les entreprises… notre défi était d’adapter la sophrologie et de la proposer d’une manière facile, agréable et compréhensible à travers l’aspect ludique, c’est ainsi que nous avons eu l’idée de la sophrologie ludique comme moyen pédagogique de promotion, d’adaptation et d’application de la sophrologie classique.
La Suisse est le berceau de la sophrologie prophylactique, dans les domaines de la prévention sociale et du développement personnel et de la santé depuis 1977 lancé par ses pionniers Raymond Abrezol, Pierre et Edith Schwaar. Le mouvement « sophrologie sociale » s’est rependu en France et en Belgique où elle se développe depuis. La sophrologie ludique est appliquée comme pédagogie sophrologique dès 1991 en Europe à notre arrivée en Suisse dans le cadre de l’Académie Suisse de Sophrologie Caycedienne et actuellement des centaines des sophrologues en Belgique France et Suisse, l’utilisent dans leur pratique personnelle, professionnelle en groupe ou consultation individuelle.

Le développement de la sophrologie ludique correspond à un moment où la sophrologie sort des voies traditionnelles thérapeutiques. En médecine occidentale, la connaissance du corps humain et les moyens de le soigner ont été découverts par ses dysfonctionnements. En abordant le côté social et préventif est-ce que la sophrologie se positionne plus dans une approche holistique du développement d’un mental sain dans un corps sain, d’un équilibre, comme en orient ?

En effet, le professeur Caycedo a bien eu cette idée au départ ainsi, la relaxation dynamique et ses techniques ont montré leurs bienfaits dans le milieu médical et thérapeutique. Il a observé qu’il y avait des effets collatéraux positifs dans d’autres domaines comme l’aspect psychologique, relationnels, l’apprentissage, etc. Le professeur Caycedo a voulu orienter ces applications aussi dans la pédagogie et le domaine social avec la rencontre du Dr. Abrezol et E. P. Schwaar en Suisse. Pour que cette proposition devienne une réalité, le Pr. Caycedo a souhaitait également expérimenter et continuer le projet en Colombie.

Ainsi, la Sophrologie devient plus accessible, adaptable et applicable dans la vie de tous les jours… et permet, par le côté ludique, de répondre à des champs d’application social et pédagogique, et un accès au développement personnel ?Est-ce une autre sophrologie ?

L’aspect ludique permet d’élargir le champ d’application à des professionnels aussi divers que psychomotriciens, psychologues, infirmiers, art thérapeutes, pédagogues, éducateurs, professeurs de yoga, d’arts martiaux, coachs, animateurs, etc…
Elle offre au développement personnel une optique pédagogique ludique de découverte de soi, d’évolution et de transformation accessible à tout public, peu importe son âge, sexe, profession ou différence culturelle et ethnique.
Le langage de la vie et de la créativité dépasse les frontières et rassemble les humains.
La sophrologie ludique n’est donc pas une « autre sophrologie », elle est une pédagogie créative de la sophrologie sociale et du développement personnel et est basée sur les mêmes principes fondateurs de la sophrologie caycedienne. Elle la rend plus accessible, adaptable et applicable dans la vie de tous les jours.
Elle est un outil également pour tous les professionnels du développement personnel, de l’enseignement et de la relation d’aide qui veulent complémenter leurs approche d’une manière ludique et pratique grâce aux « dynamiques sophroludiques ». Elle garde la même vision de la sophrologie qui non seulement considère l’humain dans sa totalité corps et esprit, mais aussi le lie à un environnent, à un passé, à un présent et à un advenir. La sophrologie ludique accentue cette dimension pédagogique en apportant la dimension transgénerationelle, intergénérationnelle, mais aussi la réalité épigénétique, que la sophrologie a bien reconnu par sa dimension existentielle.

Qu’est-ce que le jeu peut apporter à la conscience ?

Le jeu nous permet d’apprendre sur nous-mêmes en passant par l’expérience de notre corps. Il nous permet aussi d’évoluer dans la joie, la liberté, la découverte, la présence et non dans la souffrance.
L’intérêt du jeu consiste à intégrer des éléments paradoxaux car il nous donne un cadre toujours précis, structuré, où la présence et la concentration se manifestent, dans une optique de plaisir, de découverte, de bonheur et d’incitation à la créativité.
Mais vous n’apportez pas que le jeu, le côté ludique à la sophrologie, j’ai trouvé que le nom « sophrologie ludique » était presque réducteur par rapport à ce que vous enseignez…

Quelles sont les autres techniques utilisées ?

En premier lieu, c’est la vision du ludique qui est réductive de nos jours. L’aspect ludique à priori socialement a l’étiquette du jeu, des rires ou seulement l’univers des enfants. Mais nous considérons que l’aspect ludique c’est une structure de la conscience. Les espèces se développent par le jeu (de la séduction), la culture et les peuples s’épanouissent par le jeu, l’expérimentation… c’est le jeu qui permet aux individus de se réaliser !
L’aspect ludique se trouve dans toute situation humaine et non humaine. Il fait référence à la créativité. C’est l’élément créateur de la conscience. Notre éducation aujourd’hui est basée sur la mémoire et moins sur la créativité. Nous sommes conditionnés à répéter, copier, mais pas à créer. Voyons seulement le phénomène des schémas répétitifs d’une culture, d’une famille ou d’un individu. Si l’individu s’approprie de son pouvoir créateur et si son environnement l’encourage, il pourra s’en sortir plus facilement. La conscience est créative. Le jeu n’est qu’une expression de l’aspect ludique, il en existe d’autres comme l’art, la culture.
Nous retrouvons l’aspect ludique partout : dans la famille, dans le travail, dans les rencontres, dans l’art, dans la nature, dans ce qui est drôle, mais aussi dans le sérieux et tragique, dans la joie et la tristesse. Les enfants ont la possibilité de prendre le temps de jouer s’en sortent mieux à l’âge adulte.
Dans n’importe qu’elle discipline de connaissance de soi, tôt ou tard on prendra le chemin de la conscience créative. La sophrologie ludique offre une possibilité créative de s’éveiller.

Avez-vous créé une « méthode » de sophrologie ludique ?

Les méthodes sophroludiques obéissent à un modèle pédagogique défini : expérimenter, comprendre, décrire, créer, et transmettre. Elle utilise une pédagogie intégrale qui relie l’individu à lui-même dans sa totalité et à son environnement vivant. Toute information doit s’inscrire dans son schéma corporel et schéma existentiel pour être intégré dans sa globalité.

La sophrologie ludique®

compte avec :

• des thèmes : des modèles théoriques structurels
• des dynamiques corporels sophroludiques basés sur l’expérience corporelle : verticalité, l’enracinement, la posture, le mouvement, la marche, le jeu, et la créativité, les formes structurelles et intentionnelles, des échauffement corporels, la relaxation dynamique appliquée.
• des méditations créatives sophroludiques, qui favorisent l’expérience profonde.
• Les dynamiques du groupe sophroludiques qui favorisent la rencontre à travers les jeux.

Englobe donc des techniques d’échauffement et de jeux théâtraux, où le corps n’est qu’un moyen d’expérimenter, de traduire, d’exprimer. Non seulement vous proposez d’aborder l’expérience par l’amusement, la découverte, l’apprentissage dans la joie, mais aussi par une approche expérimentale pure, avec la fraicheur de la découverte, comme l’enfant, afin de permettre, de donner du recul par rapport à soi-même, de sortir de son conditionnement d’adulte, formaté culturellement… Bref, de jouer de soi comme d’un instrument.

L’aspect ludique peut se trouver sous deux formes : la forme spontanée et la forme structurée.

  • La forme spontanée de l’aspect ludique est une dimension constitutive et inhérente de l’être humain et de la nature qui l’impulse à sentir, communiquer, créer, rire, chanter, danser, bouger apparemment sans raison, à trouver le plaisir de l’action par elle-même, à redémarrer, à vivre l’instant présent. On le trouve dans les instants créatifs, agréables, qui apparaissent naturellement. Il est aussi associé à l’humour, l’action par le plaisir de l’action, c’est-à-dire quand nous sommes pris par l’action avec plaisir, sans la prévoir ou déterminer. L’aspect ludique offre un équilibre, un développement et favorise l’adaptation à l’environnement. Le simple fait de regarder un paysage, de jouer avec ses doigts, d’éveiller un autre point de vue, de découvrir ses proches, ses collègues dans un autre cadre, de faire un voyage ou juste de s’amuser, l’activité ludique filtre et équilibre les tensions de la vie quotidienne.
  • La forme structurée se trouve par ldes règles et les principes, comme dans les arts, le folklore, les loisirs, le sport, les jeux de groupe. La recherche scientifique, malgré notre conception du sérieux, garde beaucoup d’éléments ludiques qui permettent la découverte, par exemple l’instant où Einstein découvre la théorie de la relativité lorsqu’il se promene. Un jeu contient des règles, un cadre. Dans le sport existent éléments ludiques et non ludiques. On peut jouer en faisant du sport ou tout simplement faire du sport sans jouer.

La sophrologie ludique permet de dépasser le simple niveau d’amusement et la distraction inhérente à l’activité ludique pour plonger dans le bonheur de l’existence et de la connaissance de soi.

La phénoménologie est la philosophie qui consiste à comprendre l’essence des choses par la conscience, observer avant d’évaluer nos sensations, sentiments, émotions, réflexions, actes, les autres, les événements, l’existence, etc.

Est-ce que par le jeu on n’aurait pas un accès plus instinctif et « facile » à la dimension phénoménologique de la sophrologie ?

Nous nous sommes basés sur la « phénoménologie de la perception » de Merleau- Ponty ; « le sens du visage » de Levinas ; la vivencia (Erlebnis) de W.Dilthey ; « Donner du sens » de V. Frankl (logotherapie), et la phénoménologie sophrologique du Pr Caycedo.
La Sophrologie Ludique nous permet une compréhension directe des phénomènes sans passer nécessairement par des explications qui parfois embrouillent le phénomène, cela permet de mettre en évidence :

  • la valeur créatrice et révélatrice de la « rencontre »
  • la force de transformation de « la vivencia », c’est-à-dire, lorsque nous expérimentons la vie totalement
  • de mettre entre parenthèses tout jugement sur ce qu’on connaît pour une découverte plus profonde et limpide.

Les jeux et l’aspect ludique favorisent non seulement une lecture claire et non brouillée, mais aussi la manifestation des phénomènes. Dans nos groupes nous constatons cette expérience. Plusieurs dynamiques sophroludiques ont émergé grâce à cette rencontre. Chaque jeu ou dynamique est un révélateur et peut accéder à une « surprise », même s’il est simple. Dans un jeu qui pourrait paraître banal, certains ont eu des révélations évidentes de leur passé et du sens de leur expérience de vie, révélateur d’ un tout : la rencontre, la tridimensionnalité, le moment, etc.

En suivant votre formation, je me suis aperçue que je n’apprenais pas simplement quelques jeux amusants pour pratiquer la Sophrologie. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que les techniques permettent un lâcher prise de mon instinct occidental d’expliquer « le pourquoi du comment », et que mon corps « comprenait » avant ma tête, que c’est lui qui me permettait d’accéder au changement…

La pédagogie de la sophrologie ludique propose de vivre l’expérience, avant de lancer le processus de compréhension, puis de créer et transmettre. C’est rapide ! Probablement pour certaines choses cela sera plus adapté de passer ainsi avant la verbalisation, en amont des intégrations culturelles.

L’homme a de manière naturelle, la capacité de vivre le plaisir, le bonheur, la surprise et la spontanéité. C’est un moyen créatif et harmonieux de se connaître, connaître le monde et de rencontrer les autres.

On le retrouve auprès des Indiens d’Amérique ainsi que des peuples premiers : ils ont compris qu’on peut changer et évoluer dans la joie et non dans la souffrance. Cela permet de comprendre que la souffrance pour évoluer appartient à un système de croyances et non à une loi biologique incontournable. La sophrologie nous incite à prendre conscience et choisir notre système de croyances afin de vivre en accord avec nos valeurs fondamentales.

Je vous remercie, Ricardo et Claudia, de nous partager et transmettre toute cette richesse de vie et d’expérience !

Merci Camille !

Crédit photo : en-tête (Pixabay.com).

   

Au sujet de l'auteur

Camille Chenal

Sophrologue Paris (13ème) - spécialisation enfant/ado - troubles de l'apprentissage

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