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Fibromyalgie et sophrologie

Fibromyalgie et sophrologie

Parmi les pathologies qui ont tardé à se faire reconnaître sur le plan institutionnel, nous pouvons citer la fibromyalgie. Pourtant, selon l’OMS, 2 à 6 % des personnes des pays industrialisés seraient touchées par cette maladie.

Cette pathologie ne date évidemment pas d’hier et le nombre de cas signalés n’a cessé de croître durant ces dernières années. Pour autant, sa reconnaissance est relativement récente : l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu la fibromyalgie en 1992. Le Parlement européen a, quant à lui, adopté une déclaration, fin 2008. Ainsi, derrière les douleurs, parfois invalidantes, se cachent souvent le désemparement de certains malades, face à un entourage mal informé.
Le corps médical s’accorde aujourd’hui sur la nécessité de fixer des programmes pluridisciplinaires, dans la prise en charge de cette maladie. C’est ainsi que le Dr Patrick Sichère, rhumatologue, membre du collège national des médecins de la douleur, souligne en particulier l’intérêt de la sophrologie (Journal de la Santé, 10 mai 2007).

Mais en quoi la sophrologie peut-elle aider les personnes fibromyalgiques ?

Pour répondre à cette question, il convient de définir brièvement cette maladie.
Le terme fibromyalgie nous vient du latin :
« fibro » : les tissus (par extension, le tissu conjonctif, les tendons)
« myo » : les muscles
« algie » : la douleur
Il s’agit donc d’une maladie caractérisée par des douleurs chroniques des fibres musculaires ; ces douleurs étant elles-mêmes accompagnées d’un cortège de symptômes, comme des troubles du sommeil, des maux de tête, des raideurs multiples etc.. On parle ainsi de syndrome fibromyalgique. Cette maladie touche 80 % de femmes et près de 3 millions de personnes en France. Au regard de la médecine conventionnelle actuelle, il n’y a pas de signes objectifs (imagerie médicale, analyses biologiques) qui permettent de clairement l’identifier. Pour les médecins, il s’agit donc d’un diagnostic par « élimination » fondé sur des signes subjectifs : les douleurs.
Les récentes recherches font toutefois état de causes hormonales, de perturbations du système nerveux central et de fibres nerveuses distales, pouvant résulter d’un choc émotionnel, d’un traumatisme ou d’un stress durable, quel qu’il soit. Certaines personnes, plus anxieuses, stressées ou très actives, seraient par ailleurs plus sujettes à développer cette pathologie.
A travers cette rapide explication, nous pouvons entrevoir l’intérêt de la sophrologie, aussi bien à titre préventif (gestion du stress ou de l’anxiété, par exemple), qu’à titre « curatif », en complément des traitements médicaux.

1) A titre préventif

Nous ne nous attarderons pas outre mesure sur l’aspect préventif. En effet, la gestion de son stress et de ses émotions, le respect de quelques règles hygiéno-diététiques (ne pas manger trop salé, trop sucré…), pratiquer une activité physique, prendre des moments d’intériorité, respecter ses cycles de sommeil… ne sont pas spécifiques des « bonnes pratiques » de prévention de la fibromyalgie, mais d’une multitude d’autres pathologies. Pour ne citer que le stress, on estime que celui-ci peut être à l’origine de 50 à 70 % des maladies : hypertension artérielle, diabète, troubles anxieux, maladies fonctionnelles diverses. C’est dire l’enjeu de la prévention pour une multitude de maladies !
Rappelons que la sophrologie constitue à la fois une thérapie, mais aussi une philosophe de vie (*). A titre préventif, notre discipline constitue en l’espèce une démarche pédagogique voire philosophique de choix, à partager et à faire connaître, afin de proposer des « schémas existentiels » au plus grand nombre d’individus. Il s’agit en fait de tendre vers une vie plus harmonieuse et plus équilibrée. Si cela ne nous prémunit pas à coup sûr de l’ensemble des maladies, reconnaissons tout au moins que cela peut rendre notre vie plus agréable… en nous réinterrogeant et en nous donnant, de surcroît, un peu plus de sens !
(*) sophrologie = science de la conscience (sophro) ou sophrologie = science de la sagesse (sophia)

2) A titre thérapeutique

Comme nous l’avons dit en préambule, la sophrologie est reconnue comme une discipline de choix, qui s’inscrit dans une prise en charge pluridisciplinaire de la fibromyalgie. Pour résumer, nous pourrions parler d’une triade autour de cette pathologie :
des douleurs musculaires et tendineuses, des maux de tête
des symptômes associés : troubles du sommeil, stress lié à la maladie, anxiété, perte d’intérêt, déficit en endorphines…
un risque d’isolement : toute maladie isole de façon plus ou moins significative. En l’occurrence, la personne fibromyalgique peut ne plus sortir autant, peut cesser totalement ou partiellement ses activités (sport, loisirs…), peut être contrainte dans son travail, peut craindre le regard des autres etc. L’isolement et le repli sur soi peuvent sembler particulièrement pernicieux, car ils contribuent à la composante anxiogène voire dépressive de la maladie.
Ces trois composantes sont interdépendantes : en négliger une, reviendrait à en renforcer une autre. Or, c’est justement là que la sophrologie peut intervenir !
Par les différentes techniques mises en oeuvre au cours d’une séance de sophrologie appliquée à la fibromyalgie, il s’agit concrètement :

  • d’identifier et d’isoler la douleur
  • de reconnaître le stress, les émotions et les réactions associées
  • de gérer la situation selon les réactions et non plus de façon « automatique »
  • de mettre en œuvre des exercices de base, en toute autonomie
  • de se se reconnecter au corps (et non pas ou plus à la maladie !

Plusieurs techniques existent comme la sophronisation de base (SB), le SDN (sophro déplacement du négatif), la sophro susbstitution sensorielle (SSS = substituer une sensation désagréable voire douloureuse, par une sensation agréable), le renforcement positif, l’imagination active orientée etc.

Sur le plan strictement physiologique, par exemple, les exercices de sophrologie de base permettent, à eux seuls, d’induire un rythme cérébral alpha (signe d’une détente accrue). Il est par ailleurs reconnu que l’activité aérobie (c’est-à-dire celle qui sollicite et améliore la consommation d’oxygène par l’organisme) est très bénéfique sur la fibromyalgie. Or, les techniques respiratoires permettent justement une meilleure oxygénation, en ayant un impact important sur les tensions et les douleurs musculaires. En-dehors des effets physiques et psychologiques, la pratique régulière permet de stimuler la production d’endorphines et de réguler certaines hormones. Les mouvements effectués lors des relaxations dynamiques contribuent également à un meilleur relâchement neuro-musculaire. Enfin, les séances statiques (durant lesquelles les personnes sont couchées, en parfait état de détente physique et psychique) permettent de se projeter positivement, en se « dé-focalisant » de leurs douleurs. Le renforcement de ces expériences positives vient également ancrer de nouveaux conditionnements.

Toutes ces techniques peuvent être complétées par un travail plus personnel, qui passe par l’écrit : la réalisation régulière d’un « débriefing négatif » (« faire passer en mots est autant d’enlever au vécu corporel ») ET la réalisation régulière d’un « débriefing positif » (« ouvrir sa conscience à tout ce qui va, à ce que j’ai réalisé, même si c’est minime »).
Pour ce type de pathologie, la pratique en séances collectives semble vraiment profitable, car elle favorise les échanges entre participants et… la rupture des éventuels isolements dus à la maladie.



Au sujet de l'auteur

Jean-Michel Schlupp

Sophrologue, praticien en soins de support - hypnose clinique, psychologie positive. Colmar.(68)

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5 Comments

  1. Lysiane

    Bonjour merci pour votre article ; je voulais juste soulever un problème que je rencontre dans mes groupes avec deux personnes fibromyalgiques . En effet lors de la Sophro de base elles me disent que les douleurs se réveillent et Pour Elles c’est un moment qui n’est pas forcément agréable. Que faire?

    Répondre
  2. zennitude

    bonjour, je desire commenter l’article sophrologie et fibromyalgie, je suis moi meme sophrologue et fibromyalgique. c’est vrai que le syndrome a beau etre reconnu par l’oms, depuis 92, mais ca ne change pas grand chose pour ce qui est de la facon de soigner, d’apres les analyses, je suis en parfaite santé!! si on ne desire pas se bombarder de medicaments alopathiques, personnellement, je me soigne par des medecines alternatives et ca coute tres cher , ainsi que les complements alimentaires et autres..car c’est surtout les medecines paralleles qui pour moi ont une efficacite dans le temps, cela dit je ne refuse en rien l’allopathie et suis contente de l’avoir pour certaines choses, en accompagnement bien sur a la sophrologie, qui elle m’aide enormément au quotidien, une philosophie, j’ai developpe une grande une force du positif, du courage, de l’acceptation, et de l’espoir….etc..voir l’article..tout ca est bien vrai et juste..
    le terrain acide, trop acide, peut etre rectifie par l’alimentation, dieteticienne, nutritionniste..vous apprendront a mieux gerer par l’alimentation la fatigue chronique et guerir un intestin fragile. moi j’ai retrouve de l’energie grace a un equilibrage alimentaire permettant de ne plus consommer autant de sucre et eviter les fringales et donc reguler le taux de sucre , eviter les hypoglycemie…etc..ahhh chocolat tendresse..il faut savoir quand il est permis et quand il est poison! ca aide.
    il m’est arrive aussi de prendre des antidepresseurs, il y a longtemps, du redomex, prescrit par un neurologue, car je voulais recuperer de la souplesse de mouvement dans les jambes, denouer cette douleur raideur. et la il y a le pilates…qui peut aussi aider, on parle souvent aux fibromyalgiques de faire du sport, c’est un peu comme si on disait a une personne avec un gros platre a une jambe, allez..tu vas te mettre a marcher un km par jour!! rien que un km ca doit etre possible, si tu n’y arrives pas c’est que tu ne le veux pas! l’entourage aussi, si il arrive a admettre que ce n’est pas possible, et vous aide, alors deja la, ca va mieux. si l’entourage accepte votre rythme different et la par la meme la personne differente au niveau energie que vous etes devenue, alors, c’est genial. quand par exemple, auparavant il m’arrivait de me mettre au lit, completement ereintee par la douleur epuisee totalement meme sans avoir fait de grands efforts,, et dormir toute l’apres midi et puis me lever pour manger un peu et me recoucher jusqu au lendemain, en pensant avoir bien recupere, puis me lever le matin et malgre tout ca etre super fatiguee..il en faut du courage pour oser le dire autour de soi! pas drole pour l’entourage non plus de ne pas reconnaitre ce que vous etes devenu.
    donc si tout le monde y met un peu du sien c’est mieux. j’aimerais beaucoup que les medecins soient mieux informes au sujet de cette maladie, et aussi qu’ils soient a l’ecoute et soignent leur facon de communiquer avec les fibromyalgiques. car si eux meme etaient plonges juste une journee dans le corps d’une personne qui souffre de cette maladie, ils en sortiraient completement abasourdi et meurtris. j’ose esperer que a l’avenir il y ait plus de respect , de consideration et de douceur et de respect dans leur approche au patient car vivre la douleur au quotidien, c’est une experience que vous ne pouvez ni expliquer ni partager, il est necessaire de se battre deja de mobiliser tous ses moyens pour vivre normalement au quotidien. rien que ca, cela prend deja enormement d’energie. je reve d’une clinique ou se cotoieraient et ou travailleraient ensemble tous les genres de medecine, pour une prise en charge diversifiee et remboursee aussi dans le cadre de cette maladie en ce qui concerne les soins de medecine energetique aussi, magnetisme etc.. cela dit, je vous souhaite une belle journee ensoleilllee.

    Répondre
    1. nadine courtois

      bonjour zennnitude…j ai limpression que c’st moi qu i ai ecrit votre article tant il ressemble a ma vie et a ce que j’ai ressenti et vcu au long de ces longue sannees de douleurs…la seule chose est aussi…la fatigue, l’epuisememt physique car lutter contre la douleur cemande tant et tant d’enrgie au quotiden, et cela epuise reeellemt, moi ausi s^je sui s devenue sophorlogue et je souffre de fibro depuis treees longtemps suite je le sais a un choc emotionnel et me suis tellement heurte a des choses dites par des n^medecins pas psychologues pour deux sous et qui clouent, litteralement, que je me suis faite une carapace en acier..et tant mieux, merci a tous ce s dedecins non psy…lol d’ailleurs…il sm0n tpermis par des methodes dures mais …de prendre conscience que c’etait uniquement a moi de trouver la solution…et sonc, merci la fibro car je me suis mise a chercher tous azimuts ce qui pouvait m’aider au lieu de m’enfoncer…ouiii voial, il s’agit de la sophro par ses techniques et sa pilosophie…enfin renait l’espoir…. merci. je reve de pouvoir donner un jour pendant une semaine mes douleurs chroniques a un medecin qui ne me croit pas…et qui dit des betises…oh lala…..

      Répondre
  3. Claire

    Je rebondis sur la question de Lysianne. Moi aussi, les gens me disent que la douleur peut augmenter suite à la prise de conscience du corps. Ils se concentrent sur leurs sensations mais…ce sont des sensations de douleurs…
    Pour des personnes pas encore entraînées sur l’activation du positif, c’est parfois délicat.

    Auriez vous des conseils?
    Merci beaucoup

    Répondre

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