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Sophrologie et mouvement

Sophrologie et mouvement

La sophrologie, pour faire de nous des « mouveurs conscients »… Partage d’expérience

Je pratique la danse contact improvisation depuis plus de dix ans maintenant. Je suis sophrologue formée et diplômée. L’un un loisir, l’autre un métier, les deux, une passion. Ce qui lie mes pratiques est la question du mouvement. C’est une question que je trouve fascinante. Probablement parce que le mouvement est la meilleure preuve de vie.

Dans ma pratique de contact improvisation, avant d’entrer dans un mouvement visible pour l’autre, je prends le temps d’explorer mon corps dans toute son intériorité. Je commence par m’étendre sur le sol dans une position que j’ai choisi et qui m’est confortable. Une position que je pourrai modifier à tout moment. Je ferme les yeux, ou je décide de les garder ouverts. A ce moment-là, je me dépose dans l’instant présent et concentre mon attention sur ma respiration. Premiers mouvements de vie alors que mon apparence est plongée dans une visible inertie. Je prends le temps de respirer plusieurs minutes. La respiration apaise mes pensées, ralentit mon activité cérébrale et accroît ma conscience. Conscience que j’ai à moi-même, à mon corps. Reconnexion à soi. Débute alors ce qu’on pourrait appeler la phase d’exploration. Je choisis de porter mon attention sur un muscle par exemple, ou un organe, ou encore le flux de liquide qui circule à l’intérieur de mon corps, sur mon squelette en entier ou un os en particulier. Ce que j’aime beaucoup, pour ma part, est la concentration sur le psoas. Le psoas, ce muscle dit « poubelle », ce muscle cœur des émotions. Imaginons donc le psoas. Je porte mon regard intérieur sur l’emplacement du psoas. Je me concentre pour le visualiser à ma manière. En effet, je n’ai pas une connaissance assez pointue de l’anatomie humaine pour connaître sa forme exacte ni même sa longueur ou encore la façon dont il s’attache précisément le long de mes vertèbres et dans le fond, cela n’a pas tant d’importance. Visualiser ce psoas est avant tout un moyen de concentrer ma conscience afin qu’elle ne s’éparpille pas en quantité de pensées. De là, qu’allons-nous chercher? La sensation. Le fait d’aller poser sa conscience sur une partie de notre corps va activer la vivance de cette partie. Comment nous rendons nous compte que cet espace sur lequel nous nous concentrons est vivant? Parce que l’on ressent dans cet espace même des choses que généralement nous nommons sensations mais plus précisément cela peut être des fourmillements, du chaud, du froid, des picotements ou autres. Encore une fois, les mots ou encore les sensations,  les vôtres, les miennes seront différentes mais l’une et l’autre restera juste. Les sensations ne se jugent pas. Elles sont ce qu’elles sont. Elles sont preuve de vie à l’intérieur de nous, elles sont du mouvement.

Cette phase d’exploration peut durer là aussi de nombreuses minutes, après quoi, il est fortement possible que ce mouvement interne ait envie de s’exprimer un peu plus. Là encore, il s’agit de ne rien précipiter. Laisser naître le mouvement, à son propre rythme, à sa propre vitesse, dans sa propre amplitude, sans jamais aller contre son désir profond d’expression. Petit à petit, le mouvement va devenir plus lisible et plus ample. Alors notre propre danse va se créer. Elle va se créer en fonction de l’espace dans lequel s’est au départ posée notre conscience. En partant du psoas, le mouvement sera différent que s’il était parti d’un os ou d’un organe. Mais il n’en est pas moins vivant.

L’exploration se transforme en mouvement visible. Alors le lâcher prise arrive. Le corps se meut de façon authentique, il s’émeut avec sa plus grande sincérité. A ce moment, la rencontre avec l’autre peut advenir. Elle peut exister à partir du moment où le mouvement, propre à chacun et comme il est, a été accueilli. Lorsque l’autre, avec tout autant d’authenticité arrive, une connexion se crée. Connexion plus ou moins évidente, plus ou moins fluide, plus ou moins facile. Si la rencontre est agréable elle peut vivre, s’établir, s’enrichir. Si elle l’est moins, il suffit de la laisser simplement traverser son chemin. Rien n’est grave et tout est acceptable dans cette relation à l’autre lorsque le mouvement est vrai. Ce n’est pas grave de ne pas s’entendre maintenant. Rien ne dit que plus tard, la connexion ne sera pas plus favorable. Il s’agit de laisser vivre ce qui est dans l’instant et d’accueillir son corps, ses sensations, ses mouvements et  ses émotions comme elles sont à ce moment précis.

Lien avec la sophrologie ?

Le contact improvisation est une pratique de danse. La sophrologie va, dans sa pratique, aller chercher beaucoup moins en profondeur dans l’exploration anatomique bien qu’elle puisse caresser elle aussi en douceur les couches et sous couches de la conscience. La sophrologie va permettre, grâce à ses outils, de redonner la conscience aux gens qu’ils ont un corps vivant. Je pourrais même oser dire qu’ils ont un corps en vie plutôt qu’un corps « malade ». C’est en lui permettant de s’exprimer qu’il pourra ne plus choisir les maux pour crier ce qu’il a à dire. Il s’agit de lui redonner sa place, son espace. Comment vous sentez vous dans un vêtement trop étriqué? Et dans un vêtement plus adapté ?

La sophrologie est un outil que je considère merveilleux dans la prise de conscience de soi, de son corps, de qui l’on est.
Le contact improvisation apporte à cela, dans son exploration, la conscience de « quoi on est ».

J’ai vu, récemment, le merveilleux documentaire de Benjamin Millepied « Relève » Je me suis laissée porter, pendant deux heures par des corps en mouvement. Toutefois, je me suis interrogée : ces corps ont-ils la conscience véritable qu’ils sont des corps qui bougent de l’intérieur par mouvements physiologiques et qu’ils ne sont pas seulement des machines à danser? Ces danseurs, tellement passionnés, tellement avides de réussite, tellement baignés dans la compétition ont-ils seulement conscience qu’ils peuvent ménager ce corps qui pour eux, plus que tout, est leur outil de travail?

J’utilise, dans cette réflexion, l’exemple des danseurs professionnels, mais il en est de même pour n’importe quel autre « mouveur » finalement… C’est à dire, vous, moi, nous. N’oublions jamais que notre corps est ce que nous avons de plus précieux et qu’il est le gardien de notre bonne santé. Gardien dont nous sommes nous même le propre responsable.

Je voudrais tendre ma pratique sophrologique vers cette technique de contact improvisation. Non pas pour faire, de tous, des danseurs, mais pour faire des gens qui le désirent des mouveurs conscients.

Rester à l’écoute de notre corps, c’est rester à l’écoute de son mouvement intérieur, rester à l’écoute de ses émotions, les accueillir comme elles sont dans l’instant présent et bouger avec ce qu’elles sont. S’accueillir vrai, en toute humilité, c’est la possibilité de pouvoir accueillir l’autre de la même façon.

La sophrologie, pour apprendre à oser se mettre en mouvement, est, pour cela, un outil merveilleux. Etre à l’écoute de son mouvement intérieur et suivre à pas conscients le chemin qu’il nous ouvre est à mon sens une belle direction pour commencer à devenir l’acteur de sa propre vie.



Au sujet de l'auteur

Anne Sophie Gaudina

Sophrologue – La Mulatière (Rhône 69)

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