Le bien-être au quotidien et le sommeil sont en lien étroit, la sophrologie s’avère d’une grande efficacité pour gérer les troubles du sommeil, quels qu’ils soient et quelques soient leurs origines. l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV), organise depuis 2011 maintenant les rencontres paramédicales du sommeil, à Paris. Chaque année voit aborder un nouveau thème, cette année 2015 ce sera : « Sommeil, rythmes de vie et nouvelles technologies ».

La 5éme rencontre paramédicale du sommeil se tiendra à Paris, le vendredi 6 novembre 2015. Vous pouvez avoir plus d’informations sur le site de l’INSV.

Je vous propose une petite rétrospective de ces journées, à travers des compte-rendus réalisés au fur et à mesure des années.

Rencontre paramédicale du sommeil 2013, « sommeil et stress »

1ére intervention: quantité et qualité de sommeil – Maxime Elbaz

L’alternance veille/sommeil est gérée par notre horloge biologique, rythmée sur 24h (comme pour la plupart des espèces de la nature: plantes, animaux diurnes, nocturnes).

Pour l’homme, le pic d’activité se situe autour de 17h et le creux vers 5h du matin (on parle de creux circadien. Les personnes travaillant de nuit le connaissent bien, c’est aux alentours de cette heure que la disponibilité est la plus faible, c’est aussi à ce moment que les risques d’accident sont les plus élevés).

Les rythmes circadiens sont de 2 ordres :

=> physiologiques : veille/sommeil, fréquence cardiaque (différente en fonction de la position dans ce cycle), température (-1°C pour un bon sommeil, vers 2-5h du matin), alimentation, excrétion, …
=> biologiques : sécrétion de différentes hormones (cortisol, hormone de croissance (sécrétée en début de nuit en sommeil lent profond: d’où l’intérêt du « coucher tôt » pour les enfants en croissance), mélatonine (hormone du temps))

Facteurs agissant sur l’horloge :

=> lumière : elle agit sur les noyaux suprachiasmatiques qui bloquent alors la synthèse de mélatonine au niveau de l’épiphyse.
=> rythmes sociaux

Les différentes étapes d’un cycle de sommeil :

=> sommeil lent léger: le cerveau émet des ondes de basse fréquence, ondes théta. C’est le sommeil de détentes musculaire et mentale. A priori, aucun rêve durant cette phase.
=> sommeil lent profond: le cerveau passe en ondes delta. Il répare la fatigue musculaire, maintient l’homéothermie, défend contre les infections, permet la croissance et élimine les graisses. Quelques rêves y prennent place (environ 10% des rêves).
=> sommeil paradoxal: il présente une atonie musculaire, des mouvements oculaires rapides (REM). 90% des rêves s’y déroulent. Ce sommeil répare le stress et favorise la mémoire.

Les valeurs « normales » indicatives des composantes du sommeil (ndlr: Ce n’est pas parce qu’à la suite d’un souci vous mettez longtemps à vous endormir durant quelques jours que vous présentez une pathologie du sommeil) :

=> temps de sommeil : entre 6h30 et 8h30.
=> endormissement : en moins de 30 min.
=> sommeil lent léger : 55% du temps de sommeil.
=> sommeil lent profond : 25% du temps de sommeil.
=> sommeil paradoxal : 20% du temps de sommeil.

2éme intervention: Qu’est-ce que le stress? Aspects biologiques et syndrome général d’adaptation. Dr Alain Nicolas (responsable de l’unité de sommeil à Lyon)

Le stress est l’ensemble des réponses d’un organisme soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement. (Hans Selye)

Pour Selye, le stress est la réaction adaptative à un changement de situation. Son but est de maintenir l’équilibre physiologique: mobilisation des réserves, activation de l’éveil pour rendre possible la réponse, réorientation des ressources vers les fonctions de réponse.

Les 3 phases du Syndrome Général d’Adaptation (SGA) :

=> phase d’alerte: phénomènes généraux non spécifiques provoqués par l’exposition soudaine à un stresseur. Choc=surprise –> contre-choc=mise en place d’une réponse active.
=> phase de résistance: réactions non spécifiques provoquées par l’exposition prolongée aux stresseurs. –>atténuation des manifestations physiologiques –> habituation à l’environnement stressant.
=> phase d’épuisement: réactions non spécifiques qui caractérisent le moment où l’organisme ne peut plus s’adapter au stresseur. –> épuisement des capacités et des réserves.

Vulnérabilité au stress ?

=> prédisposition génétique. Certains individus sont moins résistants, naturellement.
=>e xposition antérieure à du stress: surtout en prénatal et petite enfance, et sensibilisation par stress intense. Des phénomènes de protection existent: le maternage, l’adaptation progressive au stress (par exposition progressive et modérée au stress).
=> certains troubles psychiques antérieurs peuvent alimenter le stress.

3éme intervention: Stress et insomnie – Dr Isabelle Poirot (CHRU Lille)

Le stress engendre une altération/modification des circuits sérotonine / glutamate / noradrénaline / dopamine / GABA / corticoïdes /…  Ces circuits sont impliqués dans le sommeil qui s’en retrouve donc déréglé.
Ce dérèglement impacte la bascule veille/sommeil, dû à l’hyperactivité des centres d’éveil et/ou l’annulation des centres de sommeil.

– Ce dérèglement se manifeste de diverses façons :
=> selon le type: troubles d’endormissement, du maintien du sommeil, des éveils précoces, …
=> selon la durée: circonstanciel ou aigu, de courte durée ou subchronique, chronique.
-Insomnies de l’adulte:
=> critères diagnostiques: plainte suggestive de trouble d’endormissement, de difficultés de maintien de sommeil, d’éveils précoces, …
=> causes d’insomnies: intrinsèques (insomnie psychophysiologique (sans stress spécifique), idiopathique (dés l’enfance), paradoxale (mauvaise perception du sommeil)), extrinsèques (mauvaise hygiène du sommeil, facteur environnemental, altitude, horaires trop rigides, circonstances particulières, perturbation des routines de coucher, troubles du comportement alimentaire, stress physique occasionnel (douleur aigue, …), …), secondaires (neurologiques (AVC, Parkinson,…), troubles respiratoires, traitements médicamenteux (effets secondaires)), secondaires à un trouble spécifique du sommeil (Syndrome d’Apnée du Sommeil, Syndrome des Jambes Sans repos, …).

– Cercle vicieux :
Le stress engendre un hyperéveil (réponse adaptative).
Cet hyperéveil s’accompagne d’une hyperactivation (cognitive, émotionnelle, comportementale.
Cette hyperactivation engendre des comportements inappropriés par rapport au sommeil.
Ces comportements inappropriés alimentent des pensées (ruminations), qui s’auto-alimentent de croyances et attitudes dysfonctionnelles par rapport au sommeil.
Ces pensées engendrent une mauvaise gestion du stress avec amplification.
Cette amplification du stress accroît l’hyperéveil.

4éme intervention: Outils d’évaluation de l’insomnie et du stress, approche clinique – Dr Alain Nicolas

  • Caractères actuels du trouble :

[list list_items= »activités vespérales (lecture – télévision – sports),routine précédent le coucher,traitements utilisés,temps passé au lit et activité précédent l’extinction des lumières,durée et qualité du sommeil,nombre et durée des éveils,forme au matin et le jour » icon= »fa-icon-ok » icon_bg_color= »#2ecc71″ icon_bg= »square »]

  • Retentissement sur l’activité du jour :

[list list_items= »mémoire,concentration,humeur,fatigue (rythme et intensité)somnolence,siestes » icon= »fa-icon-ok » icon_bg_color= »#2ecc71″ icon_bg= »square »]

  • Antécédents personnels et familiaux :

[list list_items= »sommeil,médico-chirurgicaux,psychologiques,habitudes alimentaires,excitants,alcool,autres drogues » icon= »fa-icon-ok » icon_bg_color= »#2ecc71″ icon_bg= »square »]

5éme intervention: Evaluation de l’anxiété et de la dépression – Dr Agnès Brion

Proposition de différents questionnaires en vue d’évaluer stress, anxiété et dépression :

  • Stress: questionnaire comportement du type A (auto-questionnaire de Bortner);
  • Anxiété: Echelle de Goldberg, échelle d’anxiété de Hamilton;
  • Dépression: Echelle de Pichot;
  • Dépression+anxiété: HAD (hospital Anxiety and Depression Scale).

6éme intervention: Harcèlement moral/Stress/Sommeil. Les risques psychosociaux et le stress – Lucie Meurice, psychologue

Risques professionnels qui découlent de l’influence du contexte humain, organisationnel…

Enjeux croisés du sujet :

=> économiques: En Europe, la moitié des journées de travail est perdue en raison de ces risques.
=> éthiques et humains: souffrances et détresses psychologiques. 5 à 7% des effectifs sont harcelés en Europe).
=> juridiques: responsabilité de l’employeur pour faute inexcusable.
=> médiatiques et attractivité: bilan social des entreprises, surtout aux états-unis, qui sert aux futurs employers à discerner la qualité de travail au sein des entreprises (« great place to work »).

Lien avec le stress :

=> définition psychosociale du stress: déséquilibre dans la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son poste.
=> Triptique réactivités: réactivité psychologique (« ce que je me dis »), réactivité physique (« ce que je ressens ») et réactivité comportementale (« ce que je fais »).
=> conséquences: physiques (migraines, ulcères, troubles musculosquelettiques, baisse du système immunitaire, …), psychologiques (anxiété, dépression, burn-out, …), comportementales (comportements addictifs, désinvestissement, violence, …)
=> Le harcèlement s’observe suivant divers paramètres: répétition/durée/groupe. Il vise à « couper tout ce qui dépasse du groupe », systématiquement, et obtenir quelque chose de force d’un individu, se traduisant par la destruction morale de la personne. (le code du travail en donne une définition juridique dans son article L1152-1)
=> typologie des personnes harcelées :

[list list_items= »individu qui se distingue du groupe,fort niveau de compétence,investi,autonome,honnête,loyal,résistant » icon= »fa-icon-ok » icon_bg_color= »#2ecc71″ icon_bg= »square »]

Le harcèlement n’intervient que dans un milieu « corrompu »!
=> 1ers symptômes :

[list list_items= »forme clinique larvée (s’insinue inconsciemment la plupart du temps),fatigue inhabituelle,honte,isolement » icon= »fa-icon-ok » icon_bg_color= »#2ecc71″ icon_bg= »square »]

==> état dépressif majeur (dévalorisation, chute de l’estime de soi, culpabilité, stress, peur, anxiété,…) ==> syndrome de stress post-traumatique (confusion dissociative, reviviscences, évitements, perturbation du fonctionnement social, augmentation des troubles somatiques jusqu’à l’invalidité)==> manifestations neurovégétatives parmi lesquelles les insomnies.

7éme intervention: Outils de gestion du stress. Approche médicamenteuse – Dr Isabelle Poirot (CHRU Lille).

BZD (Benzodiazépines) et/ou hypnotiques. Ils engendrent des effets non compatibles avec le fonctionnement biologique du stress :

  • Retard de l’ajustement psychologique au stress
  • Inhibition des stratégies d’apprentissage
  • Troubles de la mémoire
  • Défaut de concentration et attention

De plus la prise de BZD s’accompagne d’un sevrage en fin de traitement, sevrage remplaçant le sommeil artificiel par des insomnies et cauchemars.

Les BZD impactent les sommeils :

  • diminution artificielle de la latence d’endormissement
  • augmentation artificielle du temps de sommeil

Mais entrainent aussi une :

  • diminution du sommeil profond
  • diminution du sommeil paradoxal

8éme intervention: Stress, sommeil et risques psychosociaux – Dr François Duforez (fondateur de European Sleep center)

Cliniquement :

  • Anxiété –>troubles à l’endormissement et hyperéveil avec difficultés de maintien du sommeil.
  • Dépression –>réveils nocturnes et fatigue matinale.
  • Versant cognitif –>ruminations liées à l’inquiétude vis à vis de son sommeil et de ses conséquences.

S’en est suivi un rapport d’études en lien avec stress et sommeil dont je vous ferai un topo plus tard.
Il en ressort que les troubles du sommeil permettraient d’identifier, au sein des entreprises, les personnes à risques dans le cadre des risques psychosociaux. A considérer dans une approche préventive.