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La sophrologie se spécialise !

La sophrologie se spécialise !

Sophrologie en unités de soins spécialisés ou l’intérêt de la sophrologie au cours des séances d’hémodialyse…

La sophrologie trouve de nombreuses applications que ce soit pour des indications courantes (gestion du stress, préparation mentale, mieux-être physique et psychologique…), ou des indications spécifiques. Parmi les indications spécifiques, il y a celles orientées vers les maladies chroniques et, plus particulièrement encore, la sophrologie en unité d’hémodialyse, pour des patients atteints d’insuffisance rénale chronique (IRC). En quoi la sophrologie peut elle constituer une aide dans le cadre de la prise en charge de cette pathologie ? Comment le corps médical a-t’il pu s’y intéresser ? Quels en sont les résultats ? Autant de questions, auxquelles nous tenterons de répondre, en l’étayant d’une expérimentation, particulièrement novatrice, menée en Alsace.

Qu’est-ce que l’insuffisance rénale chronique ?

L’insuffisance rénale chronique désigne une détérioration graduelle et irréversible des deux reins, évoluant fréquemment vers la perte totale de la fonction rénale. Si les symptômes peuvent être discrets (notamment au début de la maladie), les complications peuvent être extrêmement sévères, notamment sur le plan cardio-vasculaire, hématologique, osseux, neurologique etc. Pour pallier cette insuffisance, il existe plusieurs procédés, et en particulier l’hémodialyse. Dans ce cas précis, il s’agit de remplacer la fonction d’épuration des reins par un circuit extracorporel, constitué d’un rein artificiel. En général, les séances d’hémodialyse se déroulent à raison de 4 heures, trois fois par semaine, en unité spécialisée, compte tenu de la technicité de la prise en charge.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes…

A ce jour, près de 3 millions de français souffrent d’insuffisance rénale, dont la plupart, malheureusement, l’ignorent. D’ici à 2050, du fait du vieillissement de la population et de la prévalence croissante des maladies comme le diabète, l’hypertension et les maladies cardio-vasculaires (souvent liées au stress !), l’insuffisance rénale va concerner de plus en plus de monde. Actuellement, un Français sur 20 ne sait pas qu’il a les reins malades. La méconnaissance du rôle indispensable des reins dans notre organisme (60% des français pensent encore que les reins ne font qu’éliminer les déchets, les autres fonctions restant largement ignorées), ainsi que le manque de prévention font que la maladie est trop souvent diagnostiquée trop tard. On estime que 20 à 35 % des insuffisances rénales ne sont diagnostiquées qu’au stade terminal. Cela concerne, en France, environ 8500 nouveaux patients chaque année. Actuellement en France, près de 70 000 personnes sont en insuffisance rénale chronique, dont près de la moitié ont recours à la dialyse. Le nombre d’insuffisants rénaux ayant recours aux traitement de suppléance, augmente chaque année de 3 à 5 %

Le déroulement des séances de sophrologie en unité de dialyse

C’est grâce à un travail collaboratif, particulièrement fructueux, entre une structure associative -assurant une prise en charge globale des patients-, et les médecins d’un groupement hospitalier régional que cette initiative a pu voir le jour en Alsace… comme une première en France, d’ailleurs.

Concrètement les séances se déroulent collectivement par groupe de 4 personnes maximum, en salle de dialyse et durant la dialyse même. Il s’agit en l’espèce d’offrir une réelle valeur ajoutée au patient et de tirer profit de la séance proprement dite. Les séances, bimensuelles, s’articulent autour de protocoles définis, essentiellement basés sur le « renforcement du positif », la concentration, l’accueil de sensations et de perceptions agréables, la relaxation psycho-corporelle… plutôt que sur la gestion des symptômes eux-mêmes. Bien évidemment, les exercices dynamiques sont extrêment limités. Toutefois, il est possible d’effectuer des exercices de tension/relâchement spécifiques à certains groupes musculaires ou par hémicorps. Le lien de confiance et d’empathie entre le patient et le sophrologue constitue également le cœur même de la réussite. De la même manière, il est important que le sophrologue reste ouvert face aux réticences de certains patients, voire face aux interrogations éventuelles du personnel soignant. Cela implique nécessairement des échanges avec le personnel, ainsi qu’un partage correct des informations (l’informatisation du dossier médical et la saisie de certains éléments clés liés aux séances de sophrologie, dans une rubrique spécialement dédié d’un logiciel interne, favorise précisément le partage et la “traçabilité”).

Les bénéfices de la sophrologie durant les séances de dialyse sont multiples et se situent à plusieurs niveaux :

  • Intérêt lié à la gestion de certains symptômes (tensions musculaires et nerveuses, tachycardie, hypertension…)
  • Intérêt lié à la gestion des symptômes associés (insomnie, anxiété, sentiment de lassitude…)
  • Intérêt lié au stress de la séance de dialyse et de la maladie chronique dans son ensemble
  • Intérêt relationnel ou social : souvent, la maladie isole. Les séances de groupe, même de taille limitée, génèrent précisément une forme d’émulation et d’échanges entre les participants, avant ou à l’issue des séances. Il s’agit d’une ouverture à l’autre, qui n’est pas négligeable, a fortiori dans la pathologie chronique.

Quels sont les mécanismes en jeu durant les séances ?

Ils sont multiples et cumulatifs

  • Psychologiques : ouverture de la conscience, moment d’intériorité, focalisation sur le vécu et les phénomènes positifs, échanges et renforcement du lien de confiance…
  • Physiques : redécouverte du corps et de la respiration, redécouverte de sensations physiques agréables, relâchement neuro-musculaire, décontraction, libération des tensions…
  • Physiologiques : régulation de la tension et de la fréquence cardiaque, meilleure oxygénation…

A l’issue voire pendant les séances, il n’est pas rare de constater des améliorations significatives de certains paramètres (fréquence cardiaque, tension artérielle…) sur le moniteur du dialyseur. Outre ces effets objectifs, certains patients font régulièrement état d’une détente accrue, et de la disparition ou de l’amélioration de tensions, de céphalées et de douleurs diffuses.

Une expérimentation audacieuse

Adaptées aux indications spécifiques des personnes dialysées, les séances de sophrologie en unité de dialyse constituent une aide précieuse dans la prise en charge des patients, tout en les rendant acteurs de leur mieux-être, tant physique que psychologique.

Autre nouveauté : les séances sont proposées aux patients sur avis médical et le sophrologue est amené à rencontrer tous les nouveaux patients au cours d’un entretien préliminaire, au même titre que le médecin, la cadre de santé, le psychologue, la diététicienne ou encore l’assistante sociale. Cette démarche s’inscrit donc dans une prise en charge à haute valeur ajoutée : c’est ici l’avantage de toute la diversité et la richesse d’un travail pluridisciplinaire entre plusieurs professionnels, dont chacun, au final, est garant d’une approche globale, tant physique, psychologique, sociale voire “existentielle”.

Compte tenu de l’environnement a priori peu favorable (milieu médicalisé, déclenchement régulier des alarmes sur les appareils…), la mise en place, comme les interventions proprement dites semblaient compliquées, au démarrage de l’expérimentation. Pourtant, dans une volonté d’amélioration continue et de satisfaction du patient, ces paramètres ont désormais été intégrés aux séances : bien plus que de gêner le sophrologue ou les patients, ils obligent à améliorer certains protocoles en les spécialisant. Ainsi, il est question d’effectuer de brèves séances de sophrologie avant ou pendant les ponctions, de façon à réduire le stress de cet acte, auprès de certains patients. Enfin, un questionnaire d’évaluation du stress subjectif sera remis à l’ensemble des patients, dans le cadre d’entretiens individualisés.

A terme, un module spécifique de sophrologie appliquée aux séances d’hémodialyse sera validé, de façon à former d’autres sophrologues à cette orientation, en France.

Au-delà du caractère novateur, cette initiative nous démontre que la santé est bien constituée de deux pans :

  • l’état de santé objectif : les résultats médicaux, la “clinique”. Il renvoie à la notion de capital santé ou “d’avoir la santé”…
  • l’état de santé subjectif : le regard que porte le patient sur sa maladie. Il renvoie à la notion de perception ou “d’être en santé”…

Or, l’état de santé subjectif est primordial, car il dépasse la notion de maladie, ou dans l’idéal, d’absence de maladie. C’est un état de bien-être, tant psychologique que physiologique et physique. C’est un état agréable et profond que peut ressentir le patient, s’il est calme, détendu et serein. Si l’état de santé objectif se soigne, l’état de santé subjectif se cultive et s’entretient au fil de la vie. Voilà un beau “projet existentiel” !



Au sujet de l'auteur

Jean-Michel Schlupp

Sophrologue, praticien en soins de support - hypnose clinique, psychologie positive. Colmar.(68)

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4 Comments

  1. michèle zygar

    Très bel article, je suis sophrologue dans un service d’hématologie et je sais combien les patients apprécient ces moments de détente soit pour gérer le stress, ou les actes invasifs, c’est un moment où les patients peuvent récupérer et permettre de se ressourcer.

    Répondre
  2. simone sabroux

    Formée à l’accompagnement des malades à l’Institut des Filliozat à Paris durant 2 ans je pratique depuis plus de vingt ans la relaxation-visualisation positive.. Que ce soit pour la préparation d’une intervention chirurgicale, les soins où traitements divers, .les patients en tirent toujours un grand bénéfice.
    Je me réjouis que l’hôpital en découvre enfin les bienfaits.

    Répondre

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